Ils ont tout pollué. Tout ? Non, il reste encore un peu de biodiversité à détruire …

« Elle distribue de l’argent public à ces usines, dit-il. En moyenne, une centrale reçoit 600 000 euros de subventions par emploi créé. La situation est similaire dans d’autres zones agricoles, comme la Bretagne et l’Auvergne-Rhône-Alpes. Les élus assurent que c’est un procédé énergétique durable. Mais dans les faits, la méthanisation s’industrialise et cause de graves risques de pollution. Aussi, les centrales nécessitent des apports en végétaux et donc l’utilisation de plus en plus massive de terres agricoles dédiées. »

« La politique énergétique est un enjeu colossal pour l’écologie, insiste Bruno Ulrich, représentant des associations environnementales au Ceser. Dans ce grand virage vers la méthanisation, ce ne sont pas des motivations écologiques qui priment, mais financières. Pourtant, l’urgence de trouver de bonnes solutions énergétiques est bien là, et le cap qu’on s’apprête à prendre pour les prochaines décennies n’est pas le bon, au contraire. »

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Le gros hic, c’est que ce type de méga-équipement pousse à une logique productiviste, comme l’agriculture qu’il sert, avec un objectif d’abord énergétique, comme en Allemagne.

L’outil génère ses propres enjeux. Il faut alimenter en continu l’usine, tout en maintenant un délicat équilibre à la décomposition organique. Fumier et lisier ne fonctionnent pas seuls. Il faut leur ajouter des cultures intermédiaires — avoine, orge, voire maïs —, plantées dans le seul but de nourrir le processus de production du gaz.

D’où le danger de changer l’usage des sols en remplaçant des cultures alimentaires par des cultures énergétiques, la terre qui gaze remplaçant la terre qui nourrit«Trop de végétaux qui ne sont pas des déchets alimentent les méthaniseurs» note la Confédération paysanne.

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