A l’heure où les approvisionnements en énergies d’origine fossile s’annoncent durablement perturbés, le renouvelable se présente comme une planche de salut encore trop étroite aujourd’hui. Plutôt que la contestation source de retards dommageables, une mobilisation générale est nécessaire pour développer de façon plus sereine et urgente, entre autres, la méthanisation, ainsi que l’éolien terrestre et offshore.

https://www.revolution-energetique.com/eoliennes-fermes-offshores-methanisation-rangeons-les-banderoles/

Ah, on les voyait venir, les affairistes sans-gêne de nos campagnes, ces empoisonneurs de nos sols, de nos eaux, de notre air, de nos corps … Ces adeptes irresponsables de l’agriculture chimique, pourfendeurs de la biodiversité, ennemis du vivant !

Ils ne pouvaient pas laisser passer une telle occasion ! C’est la base même de la doctrine du choc, que de profiter du chaos pour tenter de faire avancer des intérêts particuliers, en tentant de les habiller de cause nationale.

Non, messieurs, la terre que nous empruntons à nos descendants doit être utilisée pour nourrir. Parcimonieusement, avec respect et bienveillance mais pour nourrir. Exclusivement !

Et sans que vous n’y déversiez vos poisons, vos blocs de béton, sans que vos labours profonds ne la stérilisent, comme ils l’ont fait, jusqu’à présent. Nous voulons des sols vivants !

https://reporterre.net/methanisation-un-digestat-bien-indigeste-pour-les-sols-et-les-eaux

Côté pile, la méthanisation permet de produire du gaz renouvelable et d’assurer aux éleveurs d’importants compléments de revenus. Côté face, elle présente une vraie menace de pollution des sols et d’émission de gaz à très grand effet de serre.

Retrouver la compilation des trois articles de notre enquête ici.

« Consommé par le sol, le digestat s’infiltre vers les cours d’eau et les nappes phréatiques » 

À la sortie du digesteur, il y a, d’un côté, le gaz et la chaleur et, de l’autre, le digestat. Celui-là sera épandu dans les champs comme engrais, ce qu’il est en théorie.

Et avec des intrants en provenance d’élevages, c’est pire encore !

« Le digesteur est un bain de bactéries, dit Marie-Pascale Deleume, membre du groupe méthanisation d’Eaux et rivières de Bretagne. Baignant à 40 °C, elles peuvent même devenir résistantes. » Cela inclut les bactéries, spores, parasites mais aussi les résidus médicamenteux administrés aux élevages.

Dans un travail de synthèse bibliographique, l’Irstea montre qu’une méthanisation à 40 °C maximum réduit moins le nombre de pathogènes qu’une méthanisation à 50 °C ou un compostage qui peut grimper à 70 °C. Et les systèmes les plus utilisés s’arrêtent aux 40 °C. À titre de comparaison, la teneur en pathogènes d’un digestat, via une méthanisation à 40 °C, est comparable à celle contenue dans un lisier épandu sur les champs.

Il existe des techniques d’« hygiénisation » — une période d’une heure de chauffe à plus de 70 °C — qui permettraient un meilleur « nettoyage » du digestat, mais elles ne sont pas obligatoires.

« Lorsque le digestat bourré de pathogènes est épandu, il est consommé par le sol puis s’infiltre vers les cours d’eau et les nappes phréatiques », explique Marie-Pascale Deleume. « Dans les zones karstiques comme sur les pentes des causses, l’infiltration est très rapide et va directement dans les nappes phréatiques, où nous pompons notre eau potable », dit Michel Bakalowicz, hydrologue et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à la retraite, membre du Conseil scientifique national pour une méthanisation raisonné (CNSM)« Une infiltration rapide signifie qu’il n’y a pas de filtration du sol ni de dilution possible. » Une eau polluée pourra être traitée en station de potabilisation avant d’arriver dans nos robinets, mais tout dépend de la technologie de la station près de chez soi. « Un traitement au chlore, comme c’est le cas dans le Lot, ne suffit pas à débarrasser l’eau de ces pathogènes », assure Liliane Reveillac, radiologue et membre du CSNM. 

« Consommer de l’eau bourrée de pathogènes » 

L’enjeu de la qualité des eaux de surface et souterraines est crucial en France. Car plus la qualité de l’eau est dégradée, plus il est onéreux de la rendre potable. Mais encore faut-il avoir les indicateurs et capteurs pour mesurer l’intensité et la nature de la pollution, et la technologie pour la traiter. Sans parler des conséquences sur la faune et la flore entre l’infiltration et notre robinet.

Lire l’article

La biomasse agricole peut contribuer de façon efficace, économe et écologique aux objectifs de mix énergétique de la France, soutient l’auteur de cette tribune. Ne reste qu’à réguler la méthanisation et à valoriser l’énergie produite.

La dérive que nous observons actuellement dans le développement de la méthanisation est un cas d’école de l’absence d’une ligne claire en matière de déploiement des énergies renouvelables dans notre pays. Elle illustre plus largement et de façon caricaturale le risque d’une incohérence entre les fins et les moyens dans l’action publique.

Portée par des pionniers aussi passionnés d’innovation que soucieux d’éthique, la méthanisation a été initialement pensée en vue de la valorisation énergétique de la biomasse issue notamment des effluents d’élevage [1], des déchets organiques de l’agroalimentaire, de la part fermentescible des déchets ménagers et des stations d’épuration, et de façon plus marginale de l’entretien des espaces verts et des accotements routiers.

Or, et de façon paradoxale, la géographie actuelle des méthaniseurs est relativement indifférente à celle de ces ressources, mais correspond largement à celle des entreprises disposant des capacités financières les plus importantes et à celle des réseaux de transport d’énergéticiens devant souscrire à l’obligation d’intégrer du gaz « vert ».

Un désordre écologique

Les conséquences sur nos territoires sont facilement observables :

  • une prédation de ressources qui fragilise au long cours notre sécurité alimentaire commune ;
  • une concurrence déloyale qui accélère le phénomène d’accaparement des terres par l’usage ou la propriété au détriment des systèmes de polyculture-élevage et du renouvellement des générations d’agriculteurs ;
  • un désordre écologique avec des effets incalculables sur la santé des sols, de l’eau, la biodiversité et enfin une inquiétude grandissante quant à l’impact logistique sur les infrastructures rurales.

Cette situation ubuesque est le fruit d’un déphasage absurde entre un niveau d’aide publique élevé (aide à l’investissement, tarif de rachat) et l’absence de contrôles effectifs des installations. L’État délivre des autorisations sans disposer ni des ressources humaines ni des instruments permettant de vérifier la réalité des intrants (ce qui entre dans le méthaniseur) et de l’épandage des digestats (ce qui sort du méthaniseur).

https://reporterre.net/Methanisation-faire-plus-petit-pour-voir-plus-grand

Pourquoi faire ? Le flyer ne le précise pas, il parle d’une visite, rien de plus …

Ce ne serait pas faire un procès d’intentions que de penser qu’il ne s’agit là que d’une simple opération de communication, de com’, comme on dit aujourd’hui … ou de propagande, de manipulation, comme on disait antan. À propos, cette entreprise usurpe la notion de « Bio », comme il semble normal de le faire dans toute cette activité (voir plus loin).

Peut-être serait-il intéressant, pour ceux qui seraient tentés de participer à cette « innocente invitation », de consulter certaines choses, au préalable :

  • Les rubriques « Motivation« , « Justification« , « Méthanisation » ainsi que les articles attachés aux étiquettes/tags « Nuisances & Pollution« , « Nuisances« , « Pollution« , « Biodiversité« , « Eau« , etc …
  • Les rubriques du site du CNVMch (Collectif National Vigilence Méthanisation -Canal historique-).
  • La CONTRIBUTION et les FICHES du CSNM (Collectif Scientifique National Méthanisation), dont la prestigieuse composition est un gage de sérieux.
    • Qu’est-ce que la méthanisation ?
    • Le pouvoir méthanogène des intrants de la méthanisation
    • Azote, souffre : Effet dépressif
    • Biogaz et bio-méthane ne sont pas bio !
      • Les étapes de purification pour passer du « biogaz » au « biométhane » ne font pas appel à des processus biologiques, par conséquent le « biométhane » porte un nom inapproprié. Le « biométhane » est en fait du simple méthane CH4 sans vertu « bio »particulière.
      • Le biogaz est obtenu dans des conditions qui permettent d’extraire le plus possible de carbone de la matière entrante dans le méthaniseur : c’est l’inverse d’un puits de carbone tel qu’il est biologiquement réalisé de façon naturelle.
      • Les appellations « bio » dans « biogaz » et « biométhane » portent à confusion. Elles ne sont pas révélatrices de la nature des processus de méthanisation, ni des conditions d’obtention des gaz.
      • Il en va de même pour l’appellation de gaz « vert ». La dénomination récente de CIMSE pour l’ensemble CIVE et CIPAN laisse penser que toutes les cultures à vocation énergétique envisagées par les scenarii de l’ADEME sont des cultures Intermédiaires. Il n’en est rien, ce sont des Cultures Principales Energétiques (CPE). Les notions de « culture intermédiaire » et de « culture principale » ont des sens et des définitions claires en agronomie : une culture intermédiaire est réalisée après la récolte d’une culture principale et avant le semis d’une autre culture principale. Une culture intermédiaire ne se substitue pas et ne concurrence pas une culture principale en occupant le sol pendant la période normale de végétation.
      • Utiliser ce type de vocabulaire hérité d’un marketing mensonger c’est entrer dans le jeu de ce marketing et contribuer à maintenir la confusion dans les esprits. Les agences de l’état ne doivent pas participer à les propager.
    • Surface agricole, dans les prévisions ADEME
      • Dans les différents documents émanant aussi bien de l’ADEME que d’autres auteurs promoteurs de la méthanisation, les objectifs annoncés sont de toute évidence en dehors de tout réalisme. Ils résultent de calculs erronés ou bien ont été annoncés sans que les conséquences en termes de surface cultivable aient été un tant soit peu vérifiées.
      • Les surfaces agricoles qui devraient être mises à contribution pour alimenter les méthaniseurs dans la perspective basse de l’ADEME pour 10% du gaz consommé remplacé par du gaz de méthanisation, correspondent à la superficie totale de 3 départements français.
    • Fuites de gaz à effet de serre dans la méthanisation
      • Après plusieurs années de fonctionnement, comme dans tout procédé industriel, des fuites peuvent apparaître dans la chaîne de méthanisation (données ARIA-INERIS).
      • Ces fuites engendrent le relargage dans l’atmosphère de GES, dont CO2, CH4 et NH3 (dont une part deviendra N2O par oxydation dans l’air).
      • La méthanisation permet de diminuer les émissions de gaz carbonique dus à la combustion des carburants fossiles. Mais le méthane est un gaz dont l’effet de serre est 25 fois supérieur à celui du gaz carbonique. Ainsi, seulement 4% de fuite de méthane suffisent pour que la méthanisation ait un impact sur l’effet de serre plus fort que l’utilisation des carburants fossiles. Des fuites de NH3, qui donneront N2O dans l’airpeuvent aussi contribuer de manière conséquente à l’effet de serre.
    • Gaz irritants, toxiques et dangereux
      • En bref: Un réacteur de méthanisation ne produit pas que du méthane, mais aussi d’autres gaz toxiques voire mortels : NH3, H2S.
      • Ces gaz peuvent être disséminés dans l’air, l’eau et les sols pour différentes raisons (émanations, fuites, incendies, explosions, brûlage, épandages, stockages, accidents de la route …).
      • Par dissémination dans l’air ces gaz entraînent la formation de particules fines et de gaz secondaires eux aussi irritants et toxiques, pour l’homme et les animaux.
      • Les risques sanitaires dus à ces gaz sont multiples : irritations (yeux, muqueuses, poumons), pertes de connaissances, comas, cancers, mort.
    • Accélération du cycle du carbone et épuisement
      • Extrait: C’est un paradoxe total de promouvoir une technique dont les conséquences sur la baisse du taux de matière organique des sols n’ont pas été analysées quand dans le même temps les états tentent de développer des programmes comme le programme « 4 pour 1000 » dont l’objectif est d’augmenter le stockage du carbone par séquestration dans la matière organique des sols pour lutter contre l’effet de serre. La politique de l’état français est totalement schizophrène en voulant d’un côté développer le stockage du carbone dans les sols et les sous-sol et d’un autre développer une technique dont l’effet est d’au moins un ordre de grandeur plus grand et diamétralement opposé.
      • L’exemple Allemand devrait pourtant nous éclairer : l’Académie Allemande des Sciences Léopoldina (Anton et Steinicke 2012), dès 2012, tiré la sonnette d’alarme. « L’Allemagne ne devrait pas se concentrer sur le développement des bioénergies pour réduire la consommation d’énergie fossile et l’émission de gaz à effet de serre ». L’utilisation de la biomasse comme carburant est une impasse environnementale, énergétique et écologique, en Allemagne comme ailleurs.
    • Liziers et excès d’azote
      • Extrait : Ces bilans azotés excessifs, sous la forme de composés minéraux azotés, se traduiront par un lessivage de l’azote, sous forme nitrate, par les eaux d’infiltration et un entrainement dans les nappes phréatiques et les rivières. Dans les régions où se développent la méthanisation et l’épandage des digestats, il faut donc s’attendre à une dégradation de la qualité des eaux de surface et souterraines, et donc des eaux potables captées.

Par ailleurs …

Préambule de la Constitution: L’article 7 de la Charte de l’Environnement dispose « Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement. »

Il est dommage que, alors que nous l’avions demandé au nouveau Conseil Municipal dès son élection, un « point zéro » n’ait pu être fait sur l’état de nos sources et de nos nappes phréatiques avant le début des épandages. Nous aurions pu, ensuite, comparer leur évolution, selon des analyses périodiques, d’après épandages des digestats du méthaniseur … Afin, le cas échéant, d’en tirer conclusions et mesures qui pourraient s’imposer.

Noms et numéros de portables ont été floutés, leur publication n’est pas de notre ressort.

Les éoliennes s’étendront sur une plaine de 2 kilomètres carrés, le long d’une ligne à très haute tension (400.000 V), et, cerise sur le gâteau, à proximité de deux futures usines de méthanisation !

Pour enrichir quelques-un(e)s, elles vont détruire le cadre de vie du plus grand nombre, et ruiner une zone rurale paisible.

Éolien ET méthanisation au bénéfice de deux ou trois et au détriment de tout le reste … Ça ne vous rappelle rien ?

https://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/eoliennes-abo-wind-griselles/157178

[…] sur la rentabilité du projet de méthanisation. Le prix est fortement subventionné et garanti par l’État sur 15 ans. Et après ?

Le néolibéralisme, ça consiste à ce que les pauvres gens rémunèrent des chasseurs de primes

La méthanisation est controversée. En cause, le détournement de cultures alimentaires vers une production énergétique. Des associations dénoncent une concurrence élevage-méthanisation. Et comme avec les biocarburants, les prix de l’alimentation des animaux d’élevage grimpent. « De plus, avec l’augmentation de fréquence des épisodes de sécheresse, l’accroissement de la concurrence pour l’approvisionnement en fourrage entre les éleveurs et la méthanisation risque de s‘intensifier. » Au final, ne se coupe-t-on pas l’herbe sous le pied ?

https://www.republicain-lorrain.fr/economie/2021/08/31/methanisation-interessant-mais-pour-qui

« Le gaz vert, prôné par une partie des écologistes, […] »

La Marne, toujours aussi largués, toujours aussi feuille de chou, toujours aussi nuls … La méthanisation et ses atteintes à la biodiversité, c’est la faute aux écolos, maintenant !

Cette industrie n’est ni verte, ni défendue par les écolos, bande de mauvais. Tellement mauvais, que vous n’atteignez même pas le niveau « journaleux », vous êtes encore en dessous !

https://actu.fr/societe/la-methanisation-menace-les-animaux-sauvages-en-seine-et-marne_44157718.html

[…] la méthanisation questionne et ces questionnements trouvent un écho particulier cet été. Pollutions locales produites par ses propres résidus, transformation et mise en péril  du modèle agricole alimentaire,  manque de régulation, contamination des eaux alentour, concurrence avec les besoins des élevages, la méthanisation produit ses propres enjeux écologiques. 

J’espère tout simplement qu’aujourd’hui on va renforcer les contrôles des méthaniseurs en fonctionnement et sur les projets de méthaniseurs, mettre quelques freins à des installations qui sont surdimensionnées et incohérentes par rapport au territoire. La méthanisation n’est pas à éviter absolument dans les territoires, il faut simplement qu’elle soit raisonnée et raisonnable.

Philippe Camburet

https://www.franceculture.fr/emissions/le-magazine-du-week-end/methanisation-la-fuite-en-avant-afghanistan-les-raisons-dune-chute-eclairhttps://www.franceculture.fr/emissions/le-magazine-du-week-end/methanisation-la-fuite-en-avant-afghanistan-les-raisons-dune-chute-eclair

Si l’empreinte écologique de l’hydrogène bleu est remise en cause, c’est en grande partie à cause des fuites de méthane, un gaz à effet de serre susceptible de provoquer un réchauffement 86 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone (CO2).

Le méthane, vous savez, ce que produisent les unités de méthanisation qui, selon le Comité Scientifique National Méthanisation raisonnée (CNSM), fuient toutes et tout le temps (*) …

(*) Bonne occasion de rappeler les fiches pratiques du CSNM

https://www.h2-mobile.fr/actus/hydrogene-bleu-ne-serait-pas-si-propre/