https://reporterre.net/methanisation-un-digestat-bien-indigeste-pour-les-sols-et-les-eaux

Côté pile, la méthanisation permet de produire du gaz renouvelable et d’assurer aux éleveurs d’importants compléments de revenus. Côté face, elle présente une vraie menace de pollution des sols et d’émission de gaz à très grand effet de serre.

Retrouver la compilation des trois articles de notre enquête ici.

« Consommé par le sol, le digestat s’infiltre vers les cours d’eau et les nappes phréatiques » 

À la sortie du digesteur, il y a, d’un côté, le gaz et la chaleur et, de l’autre, le digestat. Celui-là sera épandu dans les champs comme engrais, ce qu’il est en théorie.

Et avec des intrants en provenance d’élevages, c’est pire encore !

« Le digesteur est un bain de bactéries, dit Marie-Pascale Deleume, membre du groupe méthanisation d’Eaux et rivières de Bretagne. Baignant à 40 °C, elles peuvent même devenir résistantes. » Cela inclut les bactéries, spores, parasites mais aussi les résidus médicamenteux administrés aux élevages.

Dans un travail de synthèse bibliographique, l’Irstea montre qu’une méthanisation à 40 °C maximum réduit moins le nombre de pathogènes qu’une méthanisation à 50 °C ou un compostage qui peut grimper à 70 °C. Et les systèmes les plus utilisés s’arrêtent aux 40 °C. À titre de comparaison, la teneur en pathogènes d’un digestat, via une méthanisation à 40 °C, est comparable à celle contenue dans un lisier épandu sur les champs.

Il existe des techniques d’« hygiénisation » — une période d’une heure de chauffe à plus de 70 °C — qui permettraient un meilleur « nettoyage » du digestat, mais elles ne sont pas obligatoires.

« Lorsque le digestat bourré de pathogènes est épandu, il est consommé par le sol puis s’infiltre vers les cours d’eau et les nappes phréatiques », explique Marie-Pascale Deleume. « Dans les zones karstiques comme sur les pentes des causses, l’infiltration est très rapide et va directement dans les nappes phréatiques, où nous pompons notre eau potable », dit Michel Bakalowicz, hydrologue et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à la retraite, membre du Conseil scientifique national pour une méthanisation raisonné (CNSM)« Une infiltration rapide signifie qu’il n’y a pas de filtration du sol ni de dilution possible. » Une eau polluée pourra être traitée en station de potabilisation avant d’arriver dans nos robinets, mais tout dépend de la technologie de la station près de chez soi. « Un traitement au chlore, comme c’est le cas dans le Lot, ne suffit pas à débarrasser l’eau de ces pathogènes », assure Liliane Reveillac, radiologue et membre du CSNM. 

« Consommer de l’eau bourrée de pathogènes » 

L’enjeu de la qualité des eaux de surface et souterraines est crucial en France. Car plus la qualité de l’eau est dégradée, plus il est onéreux de la rendre potable. Mais encore faut-il avoir les indicateurs et capteurs pour mesurer l’intensité et la nature de la pollution, et la technologie pour la traiter. Sans parler des conséquences sur la faune et la flore entre l’infiltration et notre robinet.

Lire l’article

Les éoliennes s’étendront sur une plaine de 2 kilomètres carrés, le long d’une ligne à très haute tension (400.000 V), et, cerise sur le gâteau, à proximité de deux futures usines de méthanisation !

Pour enrichir quelques-un(e)s, elles vont détruire le cadre de vie du plus grand nombre, et ruiner une zone rurale paisible.

Éolien ET méthanisation au bénéfice de deux ou trois et au détriment de tout le reste … Ça ne vous rappelle rien ?

https://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/eoliennes-abo-wind-griselles/157178

La start-up se prépare à lancer d’ici peu la production « de la batterie nécessaire pour mettre définitivement à la retraite les [centrales] thermiques au charbon ou au gaz naturel »

Si pour vous, ça ne signifie rien, pour d’autres(*), cela veut dire beaucoup.

https://www.lopinion.fr/edition/wsj/start-up-americaine-affirme-avoir-revolutionne-batteries-longue-duree-250670

(*) plus ça va et plus il semble que les producteurs de « bio »méthane, vont devoir se le bouffer, leur gaz.

Uffffff, sale temps pour le « Bio »-méthane et le « Bio »-GNV. Principe qu’on nous a vendu comme bio, mais qui est, évidemment, considérée comme gaz à effet de serre par la Commission européenne.

Ne doutons pas que les lobbies de la FNSEA et d’ailleurs sont déjà à la tâche pour arrêter cela !

Si elle doit encore être discutée au Parlement européen et en Conseil des ministres avant d’être définitivement adoptée, la proposition est particulièrement redoutée dans la mesure où elle interdit très largement les motorisations thermiques. Sont ainsi concernés les hybrides et l’ensemble des biocarburants (E85, GNV) qui, malgré des bilans favorables en approche ACV, ne figurent pas parmi les véhicules zéro émission dans une approche du réservoir à la roue. Au final et sous réserve que le texte soit adopté, seules deux technologies subsisteront en 2035 : l’électrique à batteries et l’hydrogène.

https://www.h2-mobile.fr/actus/europe-strategie-zero-emission-favorable-hydrogene/

Ils ont tout pollué. Tout ? Non, il reste encore un peu de biodiversité à détruire …

« Elle distribue de l’argent public à ces usines, dit-il. En moyenne, une centrale reçoit 600 000 euros de subventions par emploi créé. La situation est similaire dans d’autres zones agricoles, comme la Bretagne et l’Auvergne-Rhône-Alpes. Les élus assurent que c’est un procédé énergétique durable. Mais dans les faits, la méthanisation s’industrialise et cause de graves risques de pollution. Aussi, les centrales nécessitent des apports en végétaux et donc l’utilisation de plus en plus massive de terres agricoles dédiées. »

« La politique énergétique est un enjeu colossal pour l’écologie, insiste Bruno Ulrich, représentant des associations environnementales au Ceser. Dans ce grand virage vers la méthanisation, ce ne sont pas des motivations écologiques qui priment, mais financières. Pourtant, l’urgence de trouver de bonnes solutions énergétiques est bien là, et le cap qu’on s’apprête à prendre pour les prochaines décennies n’est pas le bon, au contraire. »

https://reporterre.net/Methanisation-Grand-Est-fonce-tete-baissee