L’ensemble des acteurs de la filière bio, réuni au sein de La Maison de la bio, présidée par Pierrick De Ronne, se mobilise, dans une tribune au « Monde », pour proposer la création d’un marché de quotas pour les pesticides chimiques, à l’instar de ce qui se fait pour les émissions de CO2.

L’agriculture intensive et l’utilisation massive de produits phytosanitaires dans les méthodes de production conventionnelles empoisonnent et appauvrissent les sols depuis des dizaines d’années, tout comme elles portent atteinte à la santé de nos agriculteurs et, in fine, des consommateurs et des consommatrices. Il ne s’agit pas que d’alimentation : l’agriculture est aussi à la base de la production de matières premières pour les produits d’hygiène-beauté et de santé. Ces méthodes comportent un risque réel d’atteintes irréversibles à l’environnement et au vivant.

De même que l’atmosphère ne peut pas supporter une concentration toujours plus élevée de gaz à effet de serre, les sols, les cours d’eau et la biodiversité ne peuvent absorber toujours davantage de ces produits chimiques qui les abîment et les détruisent : les études scientifiques montrent que la biodiversité est bien plus importante sur les parcelles conduites en agriculture bio. Le lien entre certains cancers et la présence de pesticides dans la nature est par ailleurs de plus en plus établi.

Niveau d’exigence

Le fait que la consommation de produits bio connaisse ponctuellement un léger fléchissement dans notre pays, après une croissance importante ces dernières années, n’enlève rien à l’actualité de l’enjeu : ce serait comme se réjouir de voir les émissions de CO2 repartir à la hausse.

La prise de conscience grandissante de l’importance de l’enjeu de la biodiversité, aussi critique pour l’avenir de la planète que celui du changement climatique, doit nous conduire à relever notre niveau d’exigence. Alors comment faire ?

Source :

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/02/28/notre-societe-doit-tendre-vers-un-objectif-zero-pesticide-pour-preserver-notre-environnement-et-notre-alimentation_6115567_3232.html

Les britanniques disent basta, aux empoisonneurs !

Alors que le gouvernement de Boris Johnson a présenté le système qui doit remplacer la politique agricole commune, une commission du Parlement redoute un accroissement de la dépendance alimentaire britannique.

La politique agricole « post-Brexit » du gouvernement de Boris Johnson suscite de plus en plus d’inquiétudes chez les parlementaires britanniques et dans les milieux agricoles, confrontés au plus grand bouleversement qu’ait connu leur secteur en cinquante ans. Le 6 janvier, le ministère de l’environnement et de l’agriculture, Defra (pour Department for Environment, Food and Rural Affairs), a enfin précisé ses « ambitions climatiques et environnementales » pour le système de subventions censé remplacer la politique agricole commune (PAC) très progressivement à partir de 2022 (mais définitivement à partir de 2024).

Ce système consiste en trois schémas d’aides : une aide à la « reconstitution des espaces naturels locaux », pour replanter massivement des arbres, restaurer les zones humides et les tourbières ; une aide à la « restauration du paysage » pour soutenir les agriculteurs et propriétaires terriens prêts à des actions à large échelle de restauration des écosystèmes ; enfin, l’aide à « l’agriculture durable » doit soutenir les exploitations réduisant l’usage des pesticides, améliorant la biodiversité ou séquestrant leurs émissions de dioxyde de carbone.Lire aussi  Article réservé à nos abonnés « On assiste à une uniformisation de l’alimentation »

L’objectif est d’en finir avec les subventions directes de la PAC, indexées sur les surfaces exploitées et accusées de favoriser l’agriculture intensive. Désormais, les fonds publics (environ 2,3 milliards de livres sterling annuels) n’iront plus qu’à l’entretien et à l’amélioration de « biens publics » (cours d’eau, espaces forestiers, haies, etc.).

La permaculture suscite un véritable engouement en Afrique. Cette pratique agricole respectueuse de l’environnement est très répandue au Sénégal, où le pionnier s’appelle Gora N’Diaye. C’est un précurseur et un modèle pour les jeunes de la région.

Extraits … (Écoutez le podcast !)

C’est une véritable révolution qui se déroule actuellement en Afrique. De plus en plus de paysans se tournent vers la permaculture.

Tout pousse sur ce qui n’était qu’un désert : cocotiers, manioc, fruits, agrumes, tomates, poireaux, salades… Une terre dont il a fallu longuement restaurer la fertilité.

Une culture durable qui garantit des récoltes toute l’année grâce à des petits écosystèmes qui respectent la biodiversité. L’humidité est retenue ce qui permet à ces écosystèmes de favoriser l’apparition d’autres cultures végétales sans recours aux pesticides ni engrais chimiques. Pour se débarrasser des insectes nuisibles, à Kaydara on pratique la lutte biologique.

Cet indicateur a l’objectif de compléter le score Agribalyse, socle d’un futur étiquetage environnemental officiel, en intégrant des critères tels que la biodiversité, la pollution des sols et de l’eau par les pesticides, le stockage du carbone par les prairies, etc. Explications.

PRENDRE EN COMPTE LA BIODIVERSITÉ, LA SANTÉ HUMAINE ET LE BIEN-ÊTRE ANIMAL

Appuyé par 15 acteurs de la bio, de l’environnement et de consommateurs, dont l’UFC-Que Choisir (1), l’Itab a proposé un affichage environnemental dénommé Planet-Score. Cet affichage prend en compte plusieurs indicateurs oubliés ou sous-estimés par Agribalyse :

  • l’impact des pesticides et des antibiotiques sur la santé humaine et l’environnement ;
  • l’impact des modes de producqtion sur la pollution de l’air et de l’eau ;
  • l’impact des modes de production sur la biodiversité terrestre et marine ;
  • le stockage du carbone par les prairies ;
  • la déforestation importée, par exemple par les achats de soja utilisé dans l’alimentation animale ;
  • la saisonnalité des productions (impact des serres chauffées sur la consommation d’énergie) ;
  • le transport de denrées par avion ;
  • l’emballage ;
  • l’irrigation ;
  • l’origine des différents ingrédients ;
  • l’impact du mode d’élevage sur le bien-être animal.

Depuis le printemps dernier, plusieurs publications – essais, travaux scientifiques – viennent corroborer cette hypothèse : il est possible, pour le continent européen, de tourner le dos aux produits phytosanitaires et de produire massivement selon les méthodes de l’agroécologie.

Extraits …

Le principe ? Mettre l’écologie au cœur de l’activité agricole. Autrement dit, ne pas se concentrer uniquement sur l’objectif de production, mais y associer des exigences environnementales. Ne pas uniformiser le vivant, comme le fait l’agriculture conventionnelle en ne développant que quelques variétés, mais entretenir la diversité des espèces cultivées.

Il s’agit aussi de « rétablir les liens entre la paysannerie et les personnes qui consomment la nourriture en se basant sur des valeurs d’équité, de justice, de participation et de démocratie », précise l’agronome Alain Olivier, dont l’ouvrage La Révolution agroécologique. Nourrir tous les humains sans détruire la planète, […] plaide pour une transition globale vers ce mode de production. 

Son livre rappelle judicieusement que l’agroécologie, loin d’être une invention d’illuminés ou d’« écolos-bobos » du XXIe siècle, est « vraisemblablement aussi vieille que l’agriculture elle-même » : « Une analyse attentive des systèmes de production agricole traditionnels, notamment dans divers pays du Sud global, a permis de mettre en lumière de nombreux savoirs et savoir-faire paysans qui indiquent une fine compréhension des équilibres naturels et une gestion de la parcelle agricole étroitement liée au maintien de tels équilibres. »

L’article, beaucoup plus long et éminemment intéressant, est réservé aux abonnés.

Abonnez-vous, comme dit l’autre, abonnez-vous …

https://www.mediapart.fr/journal/france/260921/nourrir-l-europe-avec-l-agroecologie-c-est-possible?utm_source=global&utm_medium=social&utm_campaign=SharingApp&xtor=CS3-5

Je sais, je sais, on s’est tous chopé le mildiou, cette année. Même les patates ont été ruinées !

Fallait-il pour autant s’abandonner à la facilité et empoisonner la terre avec cette saloperie qu’est la Bouillie bordelaise, casser la belle symbiose que bactéries, champignons et plantes sont parvenues à établir dans nos potagers permacoles ? Fallait-il se résoudre à retrouver cette cochonnerie dans les 🍅 de nos assiettes et, finalement, dans nos corps ?

Que nenni, camarades, on laissera ces pratiques aux adeptes de l’agriculture chimique, dans lesquels j’inclus les faux-frères de l’agriculture biologique !

Rien de tout ça, amis, en permaculture ! AUCUN traitement, même « naturel », (comme, par exemple, l’infusion de sauge, qui, au même titre que la bouillie bordelaise, est un fongicide). C’est le principe même de tuer le vivant qui est à rejeter car, si on sait parfois où on commence à détruire, on ne sait jamais où cela s’arrête.

Bon, oui, amis, je dois reconnaître que, sans la serre (6m x 4m et de fabrication française !) que je réserve principalement aux tomates, en été, (justement en prévision d’années comme celle-ci) j’aurais peu de tomates dont je pourrais présumer. Et, oui, concitoyens, j’ai dû, comme tout le monde, arracher tous les pieds que j’avais dehors (moins un … Et qui est reparti ! L’empressement est souvent une erreur !)

Les variétés ?

  • Saint Pierre
  • Marmande
  • Brandy Wine
  • Noire de Crimée
  • Cœur de bœuf (des vraies !)
  • Montfavet
  • Charbonneuse noire
  • Violet Jasper (tomates prune)
  • Ambrosia red (tomate cerise)
  • Koralik (tomate cerise)

Allez, aux conserves, maintenant !

PS: sans oublier la récupération des graines (pour ça qu’elles sont séparées)

Tomates issues de permaculture (2021 – Coulombs en Valois)

L’agriculture industrielle nourrit mal la population, et ses alternatives inoffensives ne sont destinées qu’aux classes aisées, défendent les auteurs du livre « Reprendre la terre aux machines ». Pour eux, les alternatives (bio, Amap) doivent s’inscrire dans un projet politique dépassant la seule question agricole : rompre avec les logiques de marché et de technologisation.

https://reporterre.net/L-agriculture-malade-de-la-technologie

Depuis quinze ans, les artisans semenciers drômois de Jardin’enVie produisent et vendent des variétés paysannes de semences, plants, légumes, fruits et fleurs. Pour agrandir leur surface cultivable et fertiliser les sols appauvris par l’agriculture productiviste, ils comptent sur l’épargne citoyenne et font appel aux collectivités.

https://reporterre.net/Dans-la-Drome-une-cooperative-fait-fructifier-les-semences-paysannes