Les oiseaux sont en meilleure santé lorsqu’ils vivent à proximité de champs bio, plutôt que ceux d’agriculture conventionnelle, selon une étude. Ces derniers, habitués aux pesticides, sont plus « apathiques, amorphes ».

C’est une étude inédite. Elle montre, à partir de l’observation d’oiseaux en milieu naturel, que ceux qui vivent à proximité de champs en agriculture biologique sont en meilleure santé que ceux vivant dans des paysages d’agriculture conventionnelle.

L’article, intitulé L’agriculture biologique a un effet positif sur la vitalité des passereaux dans les paysages agricoles, a été publié fin mai dans la revue Agriculture, Ecosystems & Environment.

Selon ses auteurs, leur étude se distingue de deux façons. « La plupart des études qui comparent le bio et le conventionnel sont surtout des analyses de biodiversité : on constate qu’il y a moins d’espèces différentes et moins de densité d’individus de chaque espèce selon les zones », explique à Reporterre Jérôme Moreau, chercheur au laboratoire Biogéosciences de l’université de Bourgogne et premier auteur de l’étude. Par ailleurs, « l’immense majorité des études concernant les effets des pesticides sur la faune sont de la toxicologie pure, on utilise des animaux modèles en captivité pour évaluer les effets de certaines substances », complète son coauteur Vincent Bretagnolle, chercheur au laboratoire de Chizé (Deux-Sèvres) du CNRS.

En laboratoire, une substance particulière est testée à des doses très élevées. Là, c’est l’exposition des oiseaux aux pesticides en conditions réelles qui a été observée : les doses sont bien inférieures, mais les molécules bien plus nombreuses. « Dans notre zone, nous avons identifié 300 molécules de pesticides différentes, poursuit Vincent Bretagnolle. On ne trouve pas quelle est la molécule incriminée. Mais on mesure l’effet réel de l’exposition à un cocktail de pesticides. »

Des oiseaux « apathiques, amorphes »

Cette recherche en milieu naturel a été possible grâce à un dispositif particulier, la « Zone Atelier Plaine et Val de Sèvre ». Ce large territoire au sud de Niort (Deux-Sèvres), où se trouvent notamment 435 fermes, est depuis presque trente ans documenté par les scientifiques du laboratoire de Chizé, qui travaillent avec les agriculteurs. « Tout est inventorié : si le champ est en bio ou en conventionnel, quels types de pesticides sont utilisés et dans quelles quantités ils sont épandus », explique Jérôme Moreau. Cette précision a permis de déterminer 10 haies au milieu de champs majoritairement bio, et 10 haies dans un paysage à dominante conventionnelle.

Les chercheurs ont ensuite placé des filets pour capturer les oiseaux. Ils ne devaient pas passer plus de dix minutes dans le filet, un expérimentateur arrivant rapidement pour effectuer une série de quatre tests simples. Seules les observations faites sur les six espèces les plus capturées [1] ont été retenues afin d’avoir un échantillon significatif.

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Selon une agence américaine, le niveau de dioxyde ce carbone dans l’air est 50% plus élevé qu’avant l’ère industrielle. Un sombre record.

Encore une mauvaise nouvelle en provenance du front climatique. La concentration de CO2 dans l’atmosphère a atteint en mai un niveau 50 % plus élevé que durant l’ère préindustrielle, et jamais vu sur Terre depuis environ 4 millions d’années, a alerté vendredi l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA).

Le réchauffement climatique causé par les humains, notamment via la production d’électricité à l’aide d’énergies fossiles, les transports, la production de ciment ou encore la déforestation, est le responsable clair de ce nouveau plus haut, a souligné l’agence américaine.

Ces mesures sont effectuées à l’Observatoire solaire de Mauna Loa à Hawaï, idéalement situé en hauteur, sur un volcan, ce qui lui permet de ne pas être influencé par une pollution locale. Le mois de mai est généralement celui qui enregistre un taux de dioxyde de carbone le plus élevé chaque année. Ainsi, lors du mois dernier, la barre des 420 parties par million (ppm), unité de mesure utilisée pour quantifier la pollution dans l’air, a été franchie. En mai 2021, ce taux était de 419 ppm, et en 2020, de 417 ppm.

«Des niveaux que notre espèce n’a jamais connus»

Avant la révolution industrielle, le niveau de CO2 se maintenait de façon constante autour de 280 ppm, et ce durant les quelque 6 000 années de civilisation humaine l’ayant précédée, selon la NOAA. Le niveau atteint aujourd’hui «est comparable» à ce qu’il était il y a «entre 4,1 et 4,5 millions d’années, lorsque les niveaux de CO2 étaient proches ou au-dessus des 400 ppm», a déclaré l’agence dans un communiqué. A l’époque, le niveau de la mer était de 5 à 25 mètres plus élevé, assez pour que de nombreuses grandes villes actuelles se trouvent sous l’eau. Et de larges forêts occupaient des régions de l’Arctique, selon des études.