Parcours du minerai au combustible nucléaire, effets sur la santé, colonisation, pollutions… Dans leur Atlas de l’uranium — Faits et données relatifs à la matière première de l’ère atomique dévoilé mercredi 26 janvier, les fondations Nuclear Free Future, Rosa-Luxemburg-Stiftung et le réseau Sortir du nucléaire entendent tordre le cou aux idées reçues sur ce métal lourd qui alimente les réacteurs nucléaires.

Trente-sept auteurs et experts du monde entier ont été sollicités pour la réalisation de cette première édition francophone — des éditions anglophones et germanophones avaient déjà vu le jour en 2019. « Une édition française était nécessaire pour aborder certains sujets tels que les mines d’uranium en Afrique francophone et certaines pollutions persistantes liées aux mines d’uranium françaises, indique à Reporterre Charlotte Mijeon, du réseau Sortir du nucléaire. Elle sera d’autant plus utile dans ce contexte de campagne présidentielle, où les débats sur le nucléaire ne volent pas très haut et consistent souvent en une accumulation de clichés. »

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Le film Don’t Look Up s’est hissé, deux semaines après sa sortie, [le 24 décembre 2021] sur Netflix, dans le top 3 des meilleures audiences de la plate-forme. Cette réussite commerciale montre que son réalisateur, Adam McKay – avec son duo de scientifiques convaincus que la fin du monde est imminente et qui se retrouvent confrontés à des politiques sourds et irresponsables –, a réussi son pari : toucher les spectateurs et « chercher un sentiment de communauté très large, que le rire pouvait créer » (comme il l’a dit dans un entretien aux Cahiers du cinéma, en janvier). Mais la question se pose aussi de savoir si Adam McKay a tenu la gageure de poser au grand public des questions centrales dans le cinéma écocritique.

Don’t Look Up s’inscrit, en effet, dans la longue histoire d’un écocinéma qui a tenté d’éveiller à la catastrophe en cours. Des documentaires surtout : démonstratifs comme Demain (de Cyril Dion et Mélanie Laurent, 2015) ou qui faisaient le choix radical d’allonger les longs plans-séquences pour modifier notre perception (Lav Diaz, Wang Bing, Apichatpong Weerasethakul). On pense, bien sûr, aux films sur Fukushima, si riches pour évoquer l’aveuglement et le déni des autorités (No Man’s Zone, de Fujiwara, en 2012), les images médiatiques qui aveuglent (Nuclear Nation, de Funahashi, en 2012), l’observation participante du cinéaste qui partage la lutte de ceux qu’il filme (Soma Kanka, de Matsubayashi, en 2011) et l’écoute qui libère une nouvelle qualité d’attention (The Sound of the Waves en 2012 et Voices from the Waves : Shinchimachi en 2013, de Sakai et Hamaguchi).

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/01/18/don-t-look-up-nous-renvoie-au-brouhaha-incessant-qui-noie-tout-discours-sur-l-urgence-climatique_6109864_3232.html#Echobox=1642464776

Oh, mais il suffira d’une journée portes ouvertes pour que l’abruti moyen, à mesure complotiste et antivax, par ailleurs, en revienne convaincu, et, refusant l’idée même de s’informer sur le sujet, de lire quelque information sérieuse, scientifique que ce soit (pas l’temps), déclare « ah, ben, moi, j’vois pas d’un mauvais oeil [*] » (* remplacer par Centrale nucléaire, Unité de méthanisation etc …)

Le glyphosate est présent dans l’urine de 99,8 % des Français, révèle une récente étude. En particulier chez les consommateurs d’eau du robinet, d’eau de source et de jus de fruits.

Le glyphosate est présent dans l’urine de l’ensemble de la population française, montre une étude publiée le 12 janvier dans la revue Environmental Science and Pollution Research. Près de 7 000 Français ont participé à ces analyses d’urines entre 2018 et 2020. Les taux de glyphosate sont plus élevés chez les hommes, les enfants, les fumeurs et les agriculteurs, mais aussi durant le printemps et l’été. Daniel Grau est l’un des auteurs de l’étude. Statisticien, il coordonne le groupement scientifique de l’association Campagne Glyphosate qui a organisé les collectes d’urines.

Source :

https://reporterre.net/Glyphosate-Tous-les-Francais-sont-contamines

Les britanniques disent basta, aux empoisonneurs !

Alors que le gouvernement de Boris Johnson a présenté le système qui doit remplacer la politique agricole commune, une commission du Parlement redoute un accroissement de la dépendance alimentaire britannique.

La politique agricole « post-Brexit » du gouvernement de Boris Johnson suscite de plus en plus d’inquiétudes chez les parlementaires britanniques et dans les milieux agricoles, confrontés au plus grand bouleversement qu’ait connu leur secteur en cinquante ans. Le 6 janvier, le ministère de l’environnement et de l’agriculture, Defra (pour Department for Environment, Food and Rural Affairs), a enfin précisé ses « ambitions climatiques et environnementales » pour le système de subventions censé remplacer la politique agricole commune (PAC) très progressivement à partir de 2022 (mais définitivement à partir de 2024).

Ce système consiste en trois schémas d’aides : une aide à la « reconstitution des espaces naturels locaux », pour replanter massivement des arbres, restaurer les zones humides et les tourbières ; une aide à la « restauration du paysage » pour soutenir les agriculteurs et propriétaires terriens prêts à des actions à large échelle de restauration des écosystèmes ; enfin, l’aide à « l’agriculture durable » doit soutenir les exploitations réduisant l’usage des pesticides, améliorant la biodiversité ou séquestrant leurs émissions de dioxyde de carbone.Lire aussi  Article réservé à nos abonnés « On assiste à une uniformisation de l’alimentation »

L’objectif est d’en finir avec les subventions directes de la PAC, indexées sur les surfaces exploitées et accusées de favoriser l’agriculture intensive. Désormais, les fonds publics (environ 2,3 milliards de livres sterling annuels) n’iront plus qu’à l’entretien et à l’amélioration de « biens publics » (cours d’eau, espaces forestiers, haies, etc.).

Les élus du Palais Bourbon vont examiner ce lundi en première lecture une proposition de loi visant à limiter la pose de hauts grillages dans les espaces naturels, accusés de défigurer les campagnes et de favoriser des dérives dans certaines pratiques de chasse.

Les sénateurs, à majorité de droite, s’emparent du dossier de l’engrillagement. Ils vont discuter d’une aberration : de riches propriétaires engrillagent de vastes parcs boisés et en font des enclos pour chasser des animaux en grand nombre. La pratique se développe depuis vingt-cinq ans en Sologne, où l’on compte aujourd’hui 4 000 kilomètres de hauts grillages, mais s’étend désormais à d’autres régions, de la Picardie aux Landes, en passant par la Normandie ou la Brenne.

https://www.liberation.fr/environnement/biodiversite/le-senat-sattaque-aux-enclos-de-chasse-et-aux-grillages-dans-les-espaces-naturels-20220110_BUPSKWD3LVASLECQHY2JZXLYUU/

Dans une étude publiée lundi, des scientifiques calculent que 7,5% à 13% des 2 millions d’espèces connues pourraient déjà avoir disparu depuis l’an 1500, soit bien plus que les 0,04% avancés par l’Union internationale pour la conservation de la nature.

https://www.liberation.fr/environnement/biodiversite/en-prenant-en-compte-les-invertebres-la-sixieme-extinction-de-masse-des-especes-est-encore-plus-alarmante-20220111_MTKH4RJ7JFDZ3ANM36LPPLDZHE/

Défauts d’affichage sur les sites de vente en ligne, mode de calcul inefficace… L’association de consommateurs pointe les manquements de l’outil mis en place en janvier 2021 pour encourager l’achat de produits réparables et lutter contre le gaspillage.

[…]

Appelons un chat un chat !

L’UFC a analysé 330 produits et neuf sites de vente en ligne : une grande majorité de vendeurs ne répondent pas à leur obligation d’afficher l’indice, et seuls 42 % des produits ont le logo visible près du prix. Plus précisément, Leroy-Merlin est à 100 % et Boulanger à 95 %, quand d’autres comme Amazon sont à 22 %, voire à 0 % pour Carrefour.

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/12/14/ufc-que-choisir-demande-la-reforme-de-l-indice-de-reparabilite_6105954_3234.html

T’es client Carrefour ? Ben tu sais à quoi t’en tenir !

Connaissez-vous les métabolites ? Ce sont des molécules issues des pesticides. Les eaux naturelles et les stations d’épuration en sont saturées. A tel point qu’on les retrouve abondamment dans l’eau potable. Enquête sur une pollution invisible.

À Saint-Mayeux, petite commune sise au nord de la Bretagne, l’eau distribuée au robinet contient plus de pesticides que ne l’autorise la loi. L’alerte a été donnée à la fin du mois de septembre, après plus de trente jours de dépassement des seuils. Le coupable : une substance appelée « ESA-métolachlore », omniprésente dans les cours d’eau bretons. C’est un métabolite du « S-métolachlore », un herbicide fréquemment utilisé pour le désherbage du maïs. Mais qu’est-ce qu’un métabolite ?

« Quand il entre au contact du sol ou de l’eau – par exemple – un pesticide se transforme en divers métabolites qui peuvent eux-mêmes se transformer en de nouveaux métabolites, détaille Louis*, un agronome, ancien fonctionnaire [1]. Si on veut documenter le devenir du glyphosate dans le milieu naturel, c’est inutile de le chercher, on ne le trouvera pas, illustre-t-il. Mieux vaut chercher l’Ampa, son principal métabolite. » Ces descendants chimiques des pesticides sont-ils moins toxiques que leurs parents ? Pas forcément. Certains le sont même davantage car ils vivent plus longtemps, ce qui est le cas de l’ESA-métolachlore.

D’heure en heure
L’apiculteur se meurt
Il a eu son heure
Il a fait son beurre
Api apiculteur

D’heure en heure
L’apiculteur effleure
La fin du labeur
Api apiculteur

Dans une autre vie
Les marguerites s’effeuillent au ralenti
Personne n’est vainqueur
Les proies les prédateurs
Savourent le nectar
D’une pomme d’api
Api apiculteur

L’heure c’est l’heure
On n’est pas d’humeur
A verser des pleurs
Fières ont les ouvrières
Le jour en tailleur
Le soir en guêpière
Quand la mort vous susurre
Des serments veloutés
Que rien n’est moins sûr
N’aura plus d’importance
Ni la chaleur
Ni les piqûres

Api apiculteur
Api apiculteur

D’heure en heure
L’apiculteur se meurt
Trouve l’interrupteur
Une oasis
Aux allées bordées d’épagneuls
Que la splendeur n’effraie plus
Api apiculteur
Api apiculteur
Api apiculteur
Api

Selon une étude allemande, des produits phytosanitaires peuvent affecter les invertébrés à plusieurs kilomètres des champs traités. Une quinzaine de substances en moyenne sont détectées sur les insectes des aires de conservation.

L’étude avait fait grand bruit : en octobre 2017, une douzaine de chercheurs européens documentaient dans la revue PLoS One la disparition des insectes dans les paysages représentatifs de l’Europe occidentale. Le biologiste et écologue Caspar Hallmann (université Radboud, Pays-Bas) et ses coauteurs avaient analysé des données historiques de capture d’insectes volants dans 63 zones protégées allemandes et concluaient à une chute catastrophique de ces populations entre 1989 et 2016 : 76 % à 82 % de leur biomasse avaient disparu en un quart de siècle.

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/12/19/meme-dans-les-zones-protegees-les-insectes-sont-exposes-aux-pesticides_6106674_3244.html

Mais, ça, l’empoisonneur moyen de l’agribusiness il s’en fout … D’abord, prendre le pognon, et après lui le déluge.